La maison de nos rêves s'est écroulée

2014-09-10

La maison de nos rêves s'est écroulée

Nous n'avons de cesse de reconstruire, rénover et redécorer. Mais que se passe-t-il vraiment derrière ces élégantes façades ? C'est l'obsession de l'artiste australien Ian Strange : montrer la face cachée de nos maisons.

La maison de nos rêves... Nous la voyons dans les magazines de décoration d'intérieur tape-à-l'œil ou à la télévision, entourée d'un somptueux décor. Mais personne n'a jamais abordé notre relation à nos maisons comme l'artiste australien Ian Strange. Sa dernière création est une réplique de sa maison d'enfance aux abords de Perth, installée devant la galerie d'art d'Adélaïde, comme tout droit tombée du ciel.

La construction est baptisée « Landed » car elle ressemble à une météorite noire qui se serait enfoncée dans le goudron.  Le projet fait suite au tremblement de terre catastrophique de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, mais également à la crise financière qui a forcé il y a quelques années de nombreuses personnes à quitter leur maison, notamment à Détroit, aux États-Unis. Sans surprise, Ian Strange s'est inspiré de sa propre maison d'enfance. À l'occasion d'expositions précédentes, il en avait par exemple construit une réplique grandeur nature dont il avait recouvert la façade extérieure d'une gigantesque tête de mort.

« C'est un peu la sensation que j'avais en grandissant dans un quartier de classe moyenne aux maisons toutes identiques. Nous étions tous les mêmes, mais en même temps nous étions tous différents. Nous avons beau vivre entourés d'une foule de gens, nous ne sommes pas pour autant moins seuls », explique-t-il.

Ian Strange s'est illustré dès l'adolescence en tant que graffeur, sous le nom de Kid Zoom. Dès le plus jeune âge, il étudiait la relation que nous entretenons avec nos maisons et nos banlieues pavillonnaires. Parfois de façon pour le moins spectaculaire. Il a ainsi mis le feu à des maisons pour un documentaire qui a beaucoup fait parler de lui, mais également transformé plusieurs maisons en de gigantesques maisons de poupées dont l'intérieur était visible de l'extérieur. Désormais installé à New York, il a écrit sur le toit d'un immeuble la phrase « The city will eat me alive » (« La ville va me manger tout cru ») avec des lettres d'un mètre de haut pour exprimer ses sentiments mitigés sur la ville.