La mobilité : une nécessité

Le corps humain n’est pas conçu pour supporter une position assise de longue durée ! Il doit bouger et finit toujours par le faire savoir. Il proteste par des articulations engourdies ainsi que des douleurs dans le dos, les épaules et les hanches. Cependant, depuis que les tâches ont été automatisées, nous sommes forcés de rester assis devant les ordinateurs. À la maison aussi, nous passons notre temps assis : nous faisons nos courses via Internet et communiquons par courrier électronique ; nous ne marchons même plus jusqu’à la boîte aux lettres la plus proche. Bien sûr, une visite à la salle de gym ou une séance d’entraînement pourrait compenser un style de vie sédentaire, mais avons-nous suffisamment de temps – et d’énergie – pour cela ?

Il y a une cinquantaine d’années, lorsque les ergonomes (du grec, ergon = travail et -nomie = connaissance) se sont pour la première fois penchés sur le secteur de la production, ils ont axé leurs études sur les outils et les mouvements répétitifs propres aux tâches pénibles. Dans les bureaux, ils ont d’abord observé l’incurvation des sièges, l’inclinaison des dossiers, les angles des coudes et du cou, etc.

Ce n’est que dans les années 1990, avec l’arrivée de l’informatique sur le lieu de travail, que les employés de bureaux ont fait l’objet d’études. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, la question clé
est la mobilité, selon Peter van Scheijndel :

« De plus en plus de personnes travaillent dans des bureaux, mais aussi davantage de travail professionnel est effectué à domicile. On devient de moins en moins mobile. La sédentarisation est devenue un réel problème de santé. Il est donc important que le mobilier puisse favoriser la mobilité. » Peter van Scheijndel est un ergonome et un associé de VHP Ergonomics, une entreprise hollandaise comptant 25 employés. Il est spécialisé dans le conseil et la réalisation d’études sur l’ergonomie. Il remarque que la Scandinavie est, avec les Pays-Bas, est particulièrement en avance sur le développement de mobilier de bureau ergonomiques.

C’est un défi considérable que de répondre aux exigences de personnes aux morphologies différentes avec un seul et même siège. Cependant les sièges de travail sont aujourd’hui disponibles avecde plus en plus de réglages et sont de ce fait davantage ergonomiques. Cependant, M. van Scheijndel considère qu’il y a une vraie problématique : les réglages de ces sièges ne sont pas utilisés. En effet, 80 % des utilisateurs ne connaissent pas tout le potentiel
d’un siège.

« Si les employés utilisaient le mobilier plus efficacement, les accidents du travail et les jours d’arrêt maladie seraient moins nombreux. Par ailleurs, l’environnement de travail serait plus agréable et la rentabilité serait favoriser.

Aujourd’hui, on entend souvent des discussions sur les qualités respectives des mécanismes FreeFloat et Synchrone des sièges de travail. En position synchrone, le dossier et l’assise ont un contact permanent avec le corps de l’utilisateur. L’angle qu’ils forment s’adapte à vos mouvements et change de façon libre et flexible, lorsque vous vous penchez en arrière sur votre siège par exemple. Cela signifie que l’articulation de la hanche doit bouger, ce qui est particulièrement recommandé pour la santé. Pour une ergonomie optimale, le siège doit offrir un balancement libre. Ce mouvement, le mécanisme FreeFloat vous l’apporte. Vos hanches, vos cuisses et votre dos bougent davantage sur le siège. Certaines personnes ont besoin d’un certain temps pour s’y habituer, car le mouvement n’est pas naturel. » Que pense Peter van Scheijndel de la nouvelle gamme 9000 de Kinnarps ?

« Les accoudoirs ont été améliorés. Et tous les réglages sont visibles et facilement accessibles. C’est important car les options de réglage sont moins utilisées lorsqu’elles ne sont pas mises en évidence. L’élément essentiel d’un point de vue ergonomique est d’inciter l’utilisateur à régler son siège selon sa morphologie. »

Jusqu’à présent, les plans de travail à hauteur réglable sont davantage utilisés en Scandinavie que dans le reste de l’Europe. Quels sont les avantages de ce type de plan de travail selon l’ergonome de La Haye ?

« Nous devons tenter d’empêcher le comportement sédentaire. Les personnes qui alternent entre les positions debout et assise au travail, se déplacent un minimum au cours de la journée. Des études d’ergonomie ont révélé que les personnes changent sans cesse de position lorsqu’elles sont assises. Un bureau à hauteur réglable peut offrir une réponse à ce besoin évident de bouger. »

Autrement dit, la mobilité est essentielle.

Peter van Scheijndel met en exergue le fait que l’ergonomie appliquée au mobilier de bureau n’est pas seulement une question de confort mais devrait être présente tout au long du cycle de vie du produit. Pour le moment l’ergonomie s’applique essentiellement à l’utilisateur final, mais il faudrait
également s’intéresser au bien-être de ceux qui les fabriquent et les assemblent. Il ne faut pas oublier le personnel de nettoyage ni les monteurs.

« Les nouveaux plans de travail Kinnarps pèsent trois fois moins que leurs anciens produits. C’est tout simplement fantastique. De nos jours, il n’est pas rare de changer de locaux au moins tous les deux ans, le poids est donc primordial, et pas seulement en termes d’ergonomie. »

LOTTA JONSON