L’exposition du musée Louisiana dépeint l’architecture comme un mécanisme vivant

Architecture verte pour l’avenir!

L’architecture verte est d’ores et déjà l’une des priorités des crises climatique et financière actuelles. Longtemps, seuls les organismes à but non lucratif et les gouvernements s’intéressaient à la construction durable écologiquement. L’intérêt grandit désormais de façon significative au sein de la société entière.

Les gratte-ciels de demain auront des façades recouvertes de mousse pour purifier l’air urbain, du chauffage solaire intégré, des couleurs qui changent en fonction des saisons et de l’heure de la journée, des étages entiers d’arbres et d’arbustes qui produiront de l’énergie et créeront des microclimats pour aider les oiseaux et les animaux.

C’est cette vision de l’avenir qu’a décrite l’exposition Green Architecture for the Future qui s’est tenue cet été au musée d’art moderne Louisiana, près de Copenhague, au Danemark.

« Comment comprendre la question du changement climatique lorsque le jugement dernier et les miracles semblent être les deux faces d’une même pièce ? », ont interrogé Poul Erik Tøjner, directeur du musée, et Kjeld Kjeldsen, conservateur du musée, lors du lancement de l’exposition au Louisiana.

« En tant que musée, nous ne pouvons pas fournir de réponses ou de solutions complètes. Mais nous pouvons poser les bonnes questions et donner carte blanche à divers innovateurs et spécialistes. »

La perspective adoptée par l’exposition se projette des décennies dans le futur. L’architecture est vue comme un mécanisme vivant, les villes comme des structures nouvelles, les bâtiments comme « intelligents » : ils sont non seulement indépendants énergétiquement, mais ils contribuent également à l’environnement qui les entoure grâce à la diversité biologique et à un air plus pur. Les architectes sont d’ores et déjà capables de concevoir des bâtiments que les générations futures pourront « reprogrammer », à la fois techniquement et fonctionnellement. Les architectes de l’industrialisme sont à l’origine du dicton « la forme suit la fonction ».

« Selon le Conseil américain du bâtiment durable, les bâtiments sont responsables de plus du tiers des émissions totales de dioxyde de carbone et de 70 % de la consommation en électricité aux États-Unis. Chiffres également valables pour le reste du monde. »

« Il faudrait peut-être maintenant inventer le dicton “ la forme doit suivre l’évolution ” », estiment Erik Tøjner et Kjeld Kjeldsen.

L’intérêt pour les constructions vertes a également explosé dans la vie quotidienne, alors que les solutions techniques innovantes deviennent plus accessibles. Le secteur de la construction est également considérable. Selon le Conseil américain du bâtiment durable (U.S. Green Building Council), les bâtiments sont responsables de plus du tiers des émissions totales de dioxyde de carbone et de 70 % de la consommation en électricité aux États-Unis. Ces chiffres sont également valables pour le reste du monde.

La maison la plus verte du monde
Le centre de conservation de l’UICN à Gland, en Suisse, est un projet réaliste aux ambitions élevées, dont la fin des travaux est prévue pour mars 2010. Le nouveau siège de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, l’UICN – l’un des réseaux les plus anciens et les plus importants traitant des questions environnementales et actif auprès des gouvernements de 160 pays – sera, selon les plans, l’un des bâtiments les plus verts du monde. (Le magazine Kinnarps a traité de ce projet dans son numéro 10.) Près de 85 % de la consommation d’énergie proviendra notamment d’énergies renouvelables, principalement du chauffage géothermique et de l’énergie solaire.

L’UICN a choisi Kinnarps pour le mobilier et les finitions intérieures du bâtiment. «

Nous voulons créer une vitrine internationale », expliqua Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN, lorsque la décision fut annoncée au printemps dernier, « et nous ne pouvons atteindre nos objectifs qu’en travaillant avec des partenaires engagés dans la question du développement durable ».

En accord avec les ambitions du projet de l’UICN, Kinnarps mène également sa campagne propre avec le slogan « Pensez environnement. Économisez de l’argent. », qui se concentre sur quatre domaines principaux : l’agencement des pièces, l’éclairage et l’énergie, la planification de réunions et la qualité. Kinnarps souhaite aider les clients à créer des lieux de travail plus écologiques et plus efficaces, à trouver des solutions d’éclairage qui ne perdent pas la lumière naturelle et qui visent des alternatives peu consommatrices d’énergie. Fournir des idées plus vertes et personnalisées pour les réunions, mais également expliquer comment la qualité élevée et la flexibilité dès les premières étapes peuvent contribuer à créer des solutions d’intérieur utilisables à plus long terme.

La ville, le climat et les matériaux
Dans l’exposition Green Architecture for the Future du Louisiana, l’architecture est mêlée aux sciences, à la politique, à l’éthique et aux aspects sociaux. Quatre cabinets d’architecture internationaux et innovants, Ecosistema Urbano, Foster + Partners, R & Sie(n) et Philippe Rahm, font partie des invités, en tant que conservateurs invités, pour apporter une perspective visionnaire sur des problèmes tels que la ville, le climat et les matériaux.

Les mêmes thèmes sont également présents dans le bâtiment de l’UICN à Gland, en Suisse, mais à un niveau plus pragmatique.Le refroidissement d’un bâtiment est par exemple plus problématique en termes de consommation d’énergie que son chauffage. Le nouveau de Centre de conservation de l’UICN utilisera des balcons et des stores réglables pour aider à garder la chaleur durant l’été et contribuer au chauffage solaire passif pendant l’hiver. Le besoin de lumière artificielle en intérieur est réduit par rapport à la quantité de lumière naturelle qui peut être utilisée. Maintenir des coûts réduits est également une priorité importante.

« Le budget est le même que lorsque nous avons construit nos bureaux actuels il y a vingt ans », notèrent Merja Murdoch, directrice administrative au siège à l’UICN, lors de la présentation des plans du bâtiment. « Nous seulement nous réduisons nos dépenses futures d’énergie, mais nous le faisons à des coûts qui n’ont pas changé en deux décennies. »

INGRID SOMMAR